Et si les prochains exchanges étaient tous décentralisés, comme Hyperliquid ?
La question n'a plus rien de théorique. La moitié du volume de contrats perpétuels d'Hyperliquid ne provient plus de ses propres marchés crypto, mais de marchés que la plateforme n'a pas créés, dont des actions comme SK Hynix, Nvidia ou Tesla échangées en perpétuels. Un exchange qui laisse des tiers lister ses produits les plus actifs, ce n'est pas une paire de plus au menu. C'est un modèle qui grignote la raison d'être des plateformes centralisées. Pour comprendre où va la structure de marché crypto, c'est là qu'il faut regarder.
Le fait : la moitié du volume vient de marchés déployés par des tiers
Le mécanisme s'appelle HIP-3, le cadre permissionless d'Hyperliquid qui autorise n'importe quel builder à déployer son propre marché de perpétuels. Sa part dans le volume perp total de la plateforme est passée d'environ 2 % en début d'année à près de 50 % selon The Block, portée par l'appétit pour le trading d'actions on-chain. La catégorie est dominée par TradeXYZ, qui fait tourner un indice calqué sur le Nasdaq-100 et des contrats sur titres uniques, réglés en stablecoin plutôt que sur l'action sous-jacente. Le chiffre est récent et mouvant, donc à lire comme une photographie, pas comme un plateau stabilisé.
Ce que « part de marché » veut dire ici
Deux échelles ne doivent pas se confondre. Sur le seul terrain des perpétuels on-chain, Hyperliquid pesait 36,4 % du volume en janvier 2026, après avoir dominé jusqu'à 70 à 80 % de ce marché en 2025. La trajectoire n'a rien d'un long fleuve tranquille : Aster (jusqu'à 20 % fin 2025, retombé à 9 % en juin 2026), Lighter et EdgeX ont mordu dans sa part, avant qu'elle ne se restabilise dans une fourchette de 37 à 44 % à la mi-2026 selon les mesures.
Sur le marché global des perpétuels, centralisés et décentralisés confondus, Hyperliquid capte 8,7 % de l'open interest début juillet 2026, avec 4,3 milliards de dollars d'intérêt ouvert et 1,3 milliard de frais annualisés. Un seul protocole on-chain qui rivalise avec des exchanges centralisés de taille moyenne, alors que la part des DEX dans les futures est passée d'environ 2,7 % en 2023 à un ordre de grandeur bien supérieur aujourd'hui. Le sous-jacent tokenisé, comme la bascule des actions vers la blockchain que nous suivons côté bourse, alimente directement cette bascule.
Comment Hyperliquid a grapé la part
L'angle n'est pas le chiffre, c'est la méthode. Chaque brique retire une raison de préférer un exchange centralisé.
Pas de capital-risque au tour de table, un lancement autofinancé et 31 % du token distribués en airdrop communautaire en novembre 2024, sans falaise de déblocage d'investisseurs pour peser sur le prix. Un L1 maison, HyperCore, capable de traiter autour de 100 000 ordres par seconde avec une finalité sous la seconde, soit l'exécution d'un carnet d'ordres centralisé, mais on-chain. Une réserve de liquidité partagée, le HLP vault, où les frais sont recyclés vers les fournisseurs de liquidité plutôt que captés par une équipe, et qui a encaissé une liquidation de 12 millions de dollars en mars 2025 sans pertes socialisées. Des frais bas et zéro gas. Et surtout un listing permissionless, des enchères de HIP-1 aux perpétuels déployés par des builders de HIP-3, qui a ouvert un terrain que les concurrents n'avaient pas : les actions on-chain, nouveaux sous-jacents financiarisés dont les marchés prédictifs sont l'autre cas d'école.
La lecture CDR : la question n'est plus « DEX ou CEX »
Une fois ces briques assemblées, le renversement apparaît. Si un exchange décentralisé sait offrir l'exécution d'un centralisé, recycler ses frais vers ses utilisateurs au lieu d'une trésorerie d'entreprise, et laisser n'importe qui coter un marché, alors la question cesse d'être « pourquoi un DEX ». Elle devient « pourquoi un CEX ». Hyperliquid ne se contente pas de prendre des parts de marché, il change la nature de l'objet exchange : d'une plateforme qui liste des produits à une couche neutre sur laquelle des tiers émettent leurs propres marchés. C'est cette bascule, plus que le classement du mois, qui mérite d'être suivie.
Ce qui est solide, ce qui reste à surveiller
Solide et vérifiable : la montée de HIP-3, les parts de marché datées, l'open interest et les frais, l'architecture technique et le modèle de distribution sans capital-risque.
À surveiller, au conditionnel. La concentration d'abord : près de la moitié du volume d'actions perp tient à une poignée de contrats, dont SK Hynix, et une part de marché qui a déjà oscillé de 80 % à 37 % ne se déclare jamais acquise. La dépendance ensuite à un appétit retail pour les actions on-chain qui reste cyclique. L'angle mort réglementaire enfin : des perpétuels synthétiques sur actions, réglés en stablecoin et cotés sans permission, n'ont pas encore rencontré leur cadre. La discipline tient en une ligne : suivre la structure que le modèle installe, pas le pic de volume du trimestre.
FAQ
Hyperliquid détient-il vraiment 50 % du marché ?
Non, deux chiffres différents. Près de 50 % est la part de HIP-3, les marchés déployés par des tiers, dans le volume perp d'Hyperliquid lui-même. Sur le marché des perpétuels on-chain, Hyperliquid pèse dans une fourchette de 37 à 44 % à la mi-2026, et 8,7 % du marché perpétuel global centralisés compris.
Qu'est-ce que HIP-3 ?
Le cadre permissionless d'Hyperliquid qui permet à n'importe quel builder de déployer son propre marché de contrats perpétuels, y compris sur des actions comme Nvidia ou Tesla, réglées en stablecoin.
Comment Hyperliquid a-t-il gagné ses parts de marché ?
Sans capital-risque, avec un airdrop communautaire, un L1 maison à l'exécution proche d'un CEX, une liquidité partagée qui recycle les frais vers les utilisateurs, des frais bas, et un listing sans permission qui a ouvert le terrain des actions on-chain.
Article satellite CDR · sous le parapluie Deep News · posture héritée, pas de signal d'achat · draft pré-Kael.
Member discussion